Chronologie des événements à Saint-Domingue - Texte
À la fin des années 1780, Saint-Domingue est la colonie française la plus riche, basée sur l’esclavage de près de 500 000 Africains et afrodescendants. Les tensions montent entre les colons blancs et les « libres de couleur » qui revendiquent l’égalité des droits.
- Nuit du 13 au 14 août 1791 : cérémonie vaudoue du Bois-Caïman, organisée par Boukman et d’autres conspirateurs, où les revendications d’abolition de l’esclavage sont formulées.
- Nuit du 22 au 23 août 1791 : début de l’insurrection générale des esclaves à Saint-Domingue, avec des milliers de révoltés brûlant les plantations et tuant les colons. Émergence de leaders comme Boukman, Jean-François, Biassou, Jeannot et Toussaint Louverture.
- Année 1793 : Léger-Félicité Sonthonax, commissaire civil de la République à Saint-Domingue, proclame la liberté générale des esclaves pour rallier les insurgés à la République.
- Février 1794 (16 pluviôse an II) : la Convention nationale, sous l’impulsion des députés de Saint-Domingue, vote le décret de l’abolition de l’esclavage dans toutes les colonies françaises. Les députés de Saint-Domingue, Jean-Baptiste Belley, Jean-Baptiste Mills et Louis-Pierre Dufay, jouent un rôle déterminant dans cette décision.
Discours de Louis Pierre Dufay - Texte
« [...] Nous nous attendons bien que les ennemis des citoyens de couleur et des noirs vont les calomnier auprès du peuple français. Ils vont les peindre comme des hommes méchants et indisciplinables, enfin comme des êtres cruels et féroces. Citoyens français, ne les croyez pas ; ceux qui tiennent ce langage ne sont pas des colons fidèles, ce sont des colons contre-révolutionnaires qui font la guerre à la liberté et à vous-mêmes [...] ! Ces noirs qu’on vous peindra si méchants, autrefois réunis dans des ateliers de trois, quatre ou cinq cents, se laissaient conduire par un seul blanc sans rien dire, et étaient dociles à tous ses caprices. S’ils étaient si féroces, les aurait-on menés si facilement ? Leur méchanceté n’est que dans le cœur de leurs oppresseurs ; c’est un prétexte que ceux-ci prennent pour justifier l’esclavage [...].