Le 7 mars 1794, André Chénier est arrêté à Passy (qui n’est alors qu’un village et deviendra bien plus tard seulement un quartier de Paris), par un certain Guennot, lors d'une perquisition chez Mme Pastoret, épouse du Marquis de Pastoret, un ami du poète alors accusé de traîtrise et de conspiration. La police recherchait M. Pastoret, alors en fuite. L'arrestation d'André Chénier a commencé par un banal questionnaire d'identité. En voici le procès-verbal, que Chénier refusa de signer, tel qu'il a été consigné sur place par un greffier. L'orthographe du procès-verbal a été conservée.
« A lui demandé commant il s'appeloit
A répondu quil senommoit André Chénier natif de Constentinople...
A lui demandé quel son ses moyens de subsisté
A lui répondu que de puis quatre vingt dix quil vie que de que lui fait son père
A lui demandé combien que lui faisoit son père
A répondu que son père lui endonnoit lorsquil luy endemandoit
A lui demandé s'il peut nous dire a combien la somme quil demande à son père se monte
A repondu quil ne savoit pas positivement mais environ huit cent livre à mille livre par année
A lui demandé s'il na pas de correspondance avec les ennemis de la République et la vous sommé de dire la vérité
A répondu aucune
A lui demandé sil na pas reçue des lettres danglaitaire1depuis son retoure dans la République
A répondu quil en a reçue une ou deux ducitoyent Barthélémy alors ministre plénipotensière2en Anglaitaire et nen avoir pas reçue dauttre
A lui demandé à quelle époque il a reçue les lettre désigniés sy dessus sommé à lui de nous les représentés